Les plateformes de réservation en France

Les plateformes de réservation pour les hôteliers : aubaine ou arnaque ?

C’est un fait, les internautes sont de plus en plus nombreux à réserver leurs vacances en ligne. Le chiffre d’affaires de l’e-tourisme en France était de 18,3 milliards d’euros en 2012. On compte qu’1/4 de ce chiffre d’affaires provient du e-commerce.

Il est donc devenu essentiel pour un professionnel du tourisme d’être présent en ligne afin de développer sa visibilité et de se démarquer par rapport à une concurrence de plus en plus importante.

Pour doper leur présence en ligne, certains se tournent vers des centrales de réservation afin d’être mieux référencés, mais à quel prix ?

Intéressons-nous au fonctionnement de ces centrales et décryptons leurs actions.

Il y a peu de temps de cela, quand on pensait à une « centrale de réservation », un seul nom nous venait en tête : Booking.

Aujourd’hui, cette centrale est certes toujours très bien placée mais son monopole tend à s’affaiblir avec de nouveaux arrivants comme Trivago, Expedia, Kayak… qui petit à petit se démarquent et cherchent à détrôner le roi Booking.

M. Duc, Président du secteur hôtellerie de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie nous explique que 78% des consommateurs utilisent les centrales de réservation pour effectuer leurs réservations et il précise également que "Booking, c'est 600 000 dollars par jour d'achats de mots clés dans le monde".

Face à ce budget colossal, on se doute bien qu’un hôtel qui voudrait lancer son site internet peut craindre d’être face à un tel rival.

Mais attention, si la notoriété et la visibilité de ces centrales sont au bénéfice des hôtels, c’est loin d’être sans contrepartie. Il faut savoir que les commissions pratiquées par ces centrales sont souvent aux alentours de 20 à 25% du montant de la chambre, cela peut même monter jusqu’à 30 % ! Le contrat qui lie la centrale à l’hôtel est de plus en plus pointilleux et laisse très peu (voir pas du tout) de marge de manœuvre à l’hôtelier. Par exemple, l’hôtelier encourt un risque important d’amende s’il souhaite faire une offre promotionnelle sur certains prix de chambre. Il existe une « clause de parité tarifaire »  qui oblige l’hôtelier à informer ces centrales de tout changement de tarif (même promotion de dernière minute).

Il est également bon de rappeler qu’Expedia avait été condamnée en 2011 par le Tribunal de Commerce de Paris à verser 430 000 € au syndicat Synhorcat (Syndicat d’hôteliers et de restaurateurs). La raison ? Cette centrale affichait complet aux hôtels qui ne souhaitaient pas lui payer un référencement !

Attention donc à bien peser le pour et le contre avant de s’engager sur de tels portails. Pour les personnes qui souhaiteraient résister au rouleau compresseur que sont les centrales de réservation, sachez que certaines plateformes de création de site proposent l’insertion d’un module de réservation sans commissions propre au site internet (vous ne le saviez pas encore ? Un petit tour s’impose alors du côté du Pack e-Tourisme !)

Certes le référencement ne sera pas celui de Booking ou d’Expédia, néanmoins la liberté de gestion de votre site et de vos tarifs ainsi que les 30% de commissions économisés sont certainement des raisons qui peuvent pousser à la réflexion, qu’en pensez-vous ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *